Bureau Brut
Yoann Minet
2019
Bureau Brut
2021
2.1
Le Roman Grotesque est né d’un combat ancien, presque éternel : celui de la tradition face à la modernité. Celui des caractères à empattements, porteurs d’un héritage calligraphique et du geste manuel, face aux linéales, plus rationnelles et construites. Même si tout semble les opposer, c'est pourtant dans cette tension que le Roman Grotesque prend forme. Une rencontre rendue possible grâce à la souplesse des formes organiques et la rigueur géométrique, une alliance dans laquelle les formes ne s’opposent pas mais se révèlent l’une et l’autre.
Cette police a été construite à partir de la structure générale d’une linéale — sa masse, son essence et sa couleur — à laquelle s’ajoutent des détails humanistes empruntés aux caractères à empattements1. Il ne s’agit donc ni tout à fait d’une grotesque, ni véritablement d’un romain à empattement, mais plutôt d’une grotesque à empattements.
Le Roman Grotesque est disponible en huit graisses différentes avec leurs équivalents en italique. Cette grande variété permet de hiérarchiser du texte plus aisément, et de répondre à des problématiques de mise en page et de composition en texte courant. Bien que pensé avant tout pour la lecture continue, il révèle une autre facette dans ses graisses les plus épaisses: plus le poids augmente, plus les empattements se font discrets, l’approche se resserre et permet un usage plus percutant en corps de titrage.
Approchez-vous, puis reculez. Du micro au macro, le Roman Grotesque change de visage. Une typographie polymorphe, née du dialogue entre hier et aujourd’hui, entre forme organique et géométrique, entre l’humain et la construction.